Article de David Myriam: Une nouvelle noire qui date un peu,
avec quelques longueurs, mais avec des passages cinglants et
critiques...
Une sorte de transcription de l’enfer créé sur terre par l’humanité.
Tout
a commencé dans une ville comme tant d’autres, de taille moyenne, avec
son attirail urbain habituel et ses habitants mornes encerclés
d’immeubles rénovés. Rien ni personne n’a pu échapper au phénomène
(d’ailleurs, le voulaient-ils ?), progressivement, inexorablement,
toute la ville fut touchée.
J’ai essayé ici de restituer ce que j’ai vu, en respectant l’ordre
chronologique. Ce texte est une sorte de compte rendu objectif.
Bon, voilà ce que j’ai pu observer depuis ma fenêtre et durant mes sorties, de plus en plus courtes.
Venue de nulle part et de partout, une odeur de mort se répandit lentement dans la ville.
Elle s’infiltrait partout, dans les maisons, les usines, les vêtements,
on aurait dit qu’elle collait à la peau. C’était une odeur de cadavre
déjà froid mais avec encore un petit parfum de vie, quelque chose de
pénétrant, lourd et poisseux.
Etrangement, les habitants, quoique incommodés, étaient à peine
surpris. Ils en ont cherché la source éventuelle aux abattoirs, mais
elle venait de partout. Alors, après avoir vainement essayé de la faire
disparaître en lavant, désinfectant, brûlant, ils se sont résignés, ils
s’y sont même habitués jusqu’à l’oublier complètement.
Puis, dans des secteurs un peu isolés, certains entendirent des sortes de cris, des hurlements même.
Au début, ils n’y ont guère porté attention, croyant que c’était
simplement le fruit de leur imagination ou de la télévision.
Quelques-uns appelèrent la police, croyant avoir surpris des règlements
de compte entre malfrats. Mais les représentants de l’ordre en place à
l’époque n’ont jamais rien trouvé, aucune trace de violences suspectes.
Leur compétence ne fut pas mise en doute car petit à petit les râles,
les cris, se firent plus forts, plus distincts et chacun put les
entendre, dans toutes les rues, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Et là aussi les habitants ne trouvèrent pas de cause à ce phénomène :
était-ce une manoeuvre d’espions étrangers ?, Un maniaque en délire ?,
Une hallucination auditive et collective due à une trop grande
consommation des violences télévisuelles ??... Même les experts durent
renoncer à se perdre en conjectures.
Certaines personnes réduisirent leur nombre d’heures de télévision et
de Walkman, espérant une amélioration : en vain. Alors il a bien fallu
qu’ils s’habituent. Ceux qui n’avaient pas de triples vitrages mirent
des boules quiès, puis des casques antibruit, pour pouvoir dormir en
paix.
Un soir, après une journée lourde comme du plomb, le
ciel s’est couvert, devenant complètement noir, et un orage d’une rare
violence éclata. Le problème, c’est que l’eau qui tomba ce soir-là était rouge, rouge sang !
Certaines personnes s’affolèrent vraiment, croyant que le ciel allait
leur tomber sur la tête, que c’était la fin du monde... Mais rien de
plus n’arriva.
Des scientifiques analysèrent rapidement cette eau écarlate et eurent
la stupeur d’y trouver effectivement du sang (ils auraient préféré
n’importe quel autre produit, même très toxique) ; il était très dilué,
mais il y en avait suffisamment pour colorer l’eau. Ca ressemblait
beaucoup à du sang humain, mais c’était néanmoins différent de toutes
les sortes de sang connues. Au début, les chimistes espérèrent que
cette composition pour le moins inhabituelle était due à des mélanges
inédits de polluants atmosphériques divers. Mais un cocktail de métaux
lourds et autres oxydes donnant du sang, cela paraissait impossible,
même avec l’aide de fuites radioactives. Et pourtant, les faits étaient
indiscutables.
Le maire demanda à l’armée si elle ne se livrait pas à de nouvelles
expériences dans la région. Mais non, même les militaires, qui pourtant
en avaient vu d’autres, étaient stupéfaits et ignorants. Heureusement,
cette eau légèrement ensanglantée n’est pas du tout toxique ; elle est
juste un peu gluante ; on peut en boire sans aucun danger.
Le phénomène se renouvela, et chaque pluie était un peu plus rouge, un peu plus concentrée que la précédente.
Finalement, personne ne trouva d’explication et encore moins comment
arrêter cette sorte d’hémorragie diluvienne. Et là aussi, les habitants
ont fait avec.
Voici deux conséquences inattendues de ce nouveau phénomène :
une secte est apparue, adorant le
Dieu de la Pluie Rouge et lui offrant le sang d’animaux sacrifiés afin
de tenter de calmer sa colère.
une nouvelle
entreprise est née ; elle fabrique des vêtements de pluie spéciaux, qui
ne craignent pas le sang. Elle fit fortune assez rapidement.
Après plusieurs semaines de pluie quasiment
interrompue, les habitants eurent la surprise de voir de l’eau rouge
sortir de leurs robinets. Les grandes quantités d’eau de pluie
ensanglantée avaient "contaminé" les nappes phréatiques qui
approvisionnent la ville en eau potable ; tout le circuit de
distribution était donc touché. Les stations de traitement essayèrent
de mettre en place de nouveaux systèmes pour débarrasser l’eau de tout
ce sang ; mais comme ça coûte cher, que c’est très difficile car il
faut tout revoir, que les concentrations augmentaient et que ce n’est
pas toxique, elles abandonnèrent, se contentant de vérifier
régulièrement sa pureté.
Pour tirer parti de la situation, le maire lança une campagne d’enfer
vantant les mérites de son eau au sang, unique au monde, fortifiante,
nourrissante : "l’eau rouge : buvez et mangez en tous !, elle est
naturellement riche en protéines et nous l’avons enrichie en vitamines
B1, B2, B5, B6, B7, B12, PP, E, en folate et en fer." (afin d’écouler
les vieux stocks de l’usine chimique du coin). Ca a marché ; il a alors
ouvert une station thermale pour accueillir les curistes venus de plus
en plus nombreux se fortifier en buvant de l’eau rouge. Et finalement,
les habitants étaient très contents de disposer de cette eau spéciale
et rare au même prix que l’ordinaire. Seuls quelques irréductibles,
soucieux de leur santé (ils avaient peur des maladies transmissibles
par le sang) firent installer à prix d’or des épurateurs à domicile.
Tandis que les habitants s’habituaient à cette eau
rouge, les cris inexpliqués s’amplifiaient et se diversifiaient. Ils
purent entendre clairement des cris de personnes torturées, des
hurlements d’animaux qu’on égorge (ce sont les travailleurs de
l’abattoir municipal qui les reconnurent, car ils les connaissent bien)
qui parfois avaient l’air humain, ainsi que des râles, des pleurs de
mourants et d’autres atrocités non identifiées (il n’y avait pas encore
de militaires assez qualifiés dans cette ville : eux auraient
certainement pu les reconnaître).
Pour être sûrs de ne pas se leurrer, un soir, tous les habitants
coupèrent simultanément leurs postes de télévision et de radio : les
cris divers étaient toujours aussi présents (quoiqu’un peu atténués). A
ce stade, les gens les plus fatigués portaient des casques antibruit
même la journée, pour ne pas devenir complètement dingues.
Bientôt, des bruits sourds d’explosions apparurent. Là,
les habitants, fort de leur expérience et de leur culture télévisuelle,
reconnurent très vite les sonorités caractéristiques de la guerre.
Mais il n’y avait pas d’armées en vue, ni de hauts parleurs dissimulés
dans les recoins. Ces bruits étaient encore lointains, atténués, mais
on pouvait déjà distinguer les mitrailleuses des chars, les missiles
air-air, air-sol, sol-air et sol-sol des missiles antimissiles (il n’y
avait pas d’étendues d’eau suffisamment grandes dans les environs). On
aurait dit un vrai conflit, mais sans les destructions d’usage, pour
l’instant du moins. Certains, craignant l’arrivée des bombes,
s’installèrent des abris dans les égouts.
C’est à ce moment que les bruits de la guerre furent couverts par un deuxième orage, plus assourdissant encore que le premier.
En même temps que les éclairs aveuglants, apparut, en
plus de l’odeur de cadavre persistante, un fumet de cochon grillé. Il
ne pouvait pas provenir des barbecues de plein air, ce n’était pas la
saison : toujours pas d’explication en vue.
Dès les premières gouttes, tout le monde se précipita aux abris, par
précaution. Ils n’eurent pas tort, car quelques minutes plus tard des
grêlons gros comme des billes s’abattirent sur la ville, endommageant
les toitures, les voitures et les sans abri. Naturellement, ces grêlons étaient rouges,
mais les scientifiques n’eurent pas besoin d’analyses pour identifier
ce qui était congelé à l’intérieur : des petits morceaux de chair.
Chaque grêlon était une bille de glace au sang enrobant un morceau de
chair congelée. Les gens, s’attendant à pire, ne furent pas trop
effrayés (surtout les bouchers et les propriétaires de congélateur).
La grêle de chair congelée ne dura pas et, bien que la pluie
ensanglantée continuât, pas très intense mais sans interruption, les
habitants sortirent de leurs trous. La glace fondit rapidement,
libérant la chair, qui décongela à vue d’oeil. La plupart des morceaux
furent dévorés par les oiseaux, les rats, les chats, les chiens, les
pauvres qui ne pouvaient pas se payer un bon bifteck et les amateurs de
goûts exotiques (les écolos s’abstinrent car ils avaient peur d’une
chair non bio). Malheureusement, ce qui ne fut pas consommé ou mis au
congélateur, car trop inaccessible, commença à pourrir sur place et une
odeur de viande en putréfaction recouvrit la cité. Le pourrissement
était accéléré par la chaleur étouffante et moite qui durait depuis
quelques jours. Et les habitants, afin de pouvoir continuer à vivre
normalement, nommèrent des agents chargés du nettoyage des rues ; ils
avaient de la viande (pardon, du pain) sur la planche.
Avant qu’ils ne puissent prêter attention aux bruits de
guerre qui s’amplifiaient, les égouts débordèrent. Ils ne pouvaient
plus évacuer toute l’eau rouge ; une mare infecte s’étendit dans les
rues. Des flots immondes et bouillonnants sortaient de partout. Dans
cette mélasse nauséabonde, se mêlaient le sang, l’eau, la chair
pourrissante, les excréments des habitants non constipés par les
événements, diverses ordures et quelques rats noyés. Cette fois, ils
étaient vraiment dans la merde.
Les pompiers, les nouveaux agents du nettoyage et les rares volontaires
furent vite débordés ; ils avaient beau pomper, le niveau de "boue" ne
baissait pas. La pluie continuait. De toute façon, ils ne savaient plus
que faire des "matières" pompées car leurs citernes étaient pleines et
ils ne pouvaient plus les vider dans les rivières avoisinantes : elles
aussi débordaient de rouge. Ils ne pouvaient pas non plus aller
vidanger plus loin, dans une région épargnée : toutes les routes
étaient coupées.
Deux heures plus tard, alors que le niveau atteignait par endroits un
mètre, la pluie s’arrêta enfin, la mare de... se stabilisa. Les
pompiers et consorts, philosophes, décidèrent d’attendre que le niveau
baisse. Les citadins ne voulaient pas s’avouer vaincus et se rendirent
quand même à leur travail (sauf ceux qui ne savaient pas nager). Ils
pataugeaient dans la boue, glissaient sur des flaques de sang, se
déplaçaient sur des pontons ou avec des barques improvisées. Il y eut
quelques noyés (les premiers morts humains dus à ces phénomènes
inexpliqués) mais la vie, avec l’habitude, reprit son cours. Après
quelques aménagements (installation de diffuseurs de parfums un peu
partout) et déménagements (monter les meubles au premier), les gens ne
firent plus grand cas du bourbier dans lequel ils se trouvaient.
D’autant que le niveau commençait à baisser.
Voici quelques différences notoires (par rapport à "avant") que j’ai pu constater à ce moment :
des commerçants fermés, à cause de l’inondation de leur magasin ou d’un défaut d’approvisionnement.
des voleurs tirèrent parti du désordre relatif.
moins de bouchons automobiles et plus de piétons.
une augmentation des ventes des hautes bottes en caoutchouc qui servent habituellement aux pêcheurs.
Durant deux jours, il n’y eut rien de nouveau, juste
les bruits de guerre et de bottes qui s’amplifiaient lentement, et les
cris, les râles qui continuaient. Il n’y avait plus de pluie, juste les
odeurs de cadavre, de chair pourrie, de fosse septique, de cochon
grillé, de rats décomposés et aussi les senteurs chimiques de divers
produits déversés par une usine qui avait profité des pluies pour se
débarrasser de quelques substances indésirables inrecyclables. Le maire
s’est tu. Il n’avait pas de preuves formelles et l’entreprise en
question employait cinq cents personnes.
Durant ces deux jours de relative "accalmie", la secte des adorateurs
du Dieu de la Pluie Rouge, pensant avoir été entendue, redoubla ses
sacrifices animaux. Ils égorgèrent ainsi 3117 poulets industriels qui, de toute façon, seraient morts de faim.
En effet, leurs aliments préfabriqués en Somalie s’étaient perdus dans
une rivière rouge en crue. Ce surplus de sang ne fit pas tellement
remonter le niveau de la nappe de... , car la proportion était trop...
disproportionnée.
Je ne sais pas si cette secte fut vraiment entendue, car s’il n’a plus
plu rouge, le vacarme guerrier prit par contre possession de la ville
et de véritables explosions eurent lieu en plein centre. Deux immeubles
eurent un étage ravagé et une maison fut soufflée. Presque tous les
occupants périrent carbonisés. Les secouristes pensèrent d’abord à des
explosions dues à des ruptures de canalisations de gaz, mais les
immeubles n’en étaient pas équipés. Chose curieuse, personne ne
remarqua d’obus ni de missiles sol-sol ou air-sol (les missiles mer-sol
étant improbables, vu l’absence d’étendues d’eau suffisantes dans les
environs). Il n’y avait d’ailleurs pas non plus de traces d’explosifs,
même artisanaux, sur les lieux.
Le maire questionna une nouvelle fois l’armée, demandant si elle ne
testait pas des destructeurs à ultrasons ou à ondes infra-atomiques
invisibles : négatif, et d’après leurs services de renseignement,
personne au monde ne contrôlait encore de telles armes.
Alors là, militaires et habitués de la guerre à la télévision ou
ailleurs furent babas : des bruits de champ de bataille sans bataille
et des destructions sans engins de destruction, ça dépassait tous les
films de science fiction ainsi que les guerres chirurgicales modernes,
qui, bien que discrètes, utilisent toujours des engins et des soldats.
Les habitants n’eurent pas tellement de temps pour réfléchir à la
question. D’autres explosions suivirent : un immeuble s’écroula et deux
incendies commencèrent. La population se rua dans le plus grand
désordre aux abris ; il y eut de nombreux morts, entre les gens
piétinés par les plus pressés et ceux qui périrent noyés dans les
souterrains encore remplis d’eau. Finalement, seuls quelques abris
étaient utilisables, les rats -très sensibles au bruit- s’y entassèrent
avec une bonne partie des habitants.
Ces réfugiés souterrains, bien que terrorisés, ne restèrent pas longtemps sous terre, pour de nombreuses raisons :
ils n’appréciaient pas énormément la compagnie forcée des rats.
ils étaient trop entassés et avaient du mal à respirer.
il n’y avait pas assez de vivres sains pour tout le monde.
ils étaient curieux de voir les explosions (ils avaient toujours apprécié les feux d’artifice).
ils avaient peur pour leurs biens et voulaient les surveiller de près.
le niveau remontait à cause des nombreuses ruptures de canalisations d’eau potable au sang.
ils ne supportaient pas de rester sans rien faire : sans travail, sans télévision, sans politique...
la promiscuité ne leur plaisait pas du tout, car elle mélangeait de
force toutes les catégories sociales, et puis elle obligeait des gens
qui s’ignorent habituellement à se parler.
Au bout de cinq minutes, tout le monde est ressorti
(sauf les rats), et les clochards qui avaient d’abord étés interdits
d’abris ont dû y descendre de force. Les habitants, qui craignaient les
vols, les y obligèrent en leur disant que c’était une bonne occasion
pour un grand lavage. Tous ces sans abris périrent noyés et sales dans les souterrains.
Les citadins se ruèrent vers leurs logements malgré les explosions et
la boue. Beaucoup s’étalèrent dans la fange au milieu des porcs
échappés de la porcherie voisine (à cause de leur précipitation et des
débris, des cadavres qui jonchaient un sol déjà rendu glissant par le
sang). Ca leur entrait dans la bouche, le nez , les oreilles et les
yeux, mais ils purent se relever et retrouver leurs habitats respectifs
malgré ce bain de sang forcé.
Dans la hâte, personne ne remarqua que la plupart des arbres étaient
morts, desséchés. Seuls quelques écolos attardés s’en émurent et
entreprirent d’en planter d’autres dans de grands pots en béton, afin
de les isoler de la boue toxique et puante.
A ce stade, je commençais à avoir peur, je sortais
moins ( j’avais des provisions pour tenir un moment), mais je voulais
rester le plus longtemps possible. Je ne me sentais pas vraiment
"concerné", "impliqué", j’avais l’impression d’être un observateur
"extérieur", "neutre". Je sentais qu’il fallait que je reste pour tout
voir, tout noter afin de le livrer plus tard à ceux qui voudraient
savoir ce qui s’était passé exactement ici. Ces événements étaient
violents mais, curieusement, je ne me sentais pas en danger.
Je crois que c’est depuis le début des explosions
inexpliquées que les comportements commencèrent à changer. Ils
semblaient perdus, fous (remarquez, il y avait de quoi), affolés, mais
ils ne songeaient pas à partir loin de toutes ses horreurs. Je voyais
aussi qu’ils étaient plus maigres et perdaient leurs cheveux.
Pour parer au manque crucial d’abris, un tour de rôle
équitable fut instauré. Mais les plus riches s’achetèrent des places et
il existait aussi des refuges non déclarés que certains se gardaient
pour eux seuls.
Pour tenter de calmer et de rassurer les esprits
enfiévrés, le prêtre rassembla les croyants (il y en avait plus que
d’habitude) dans son église. Il leur expliqua que Dieu leur avait
envoyé cette épreuve inhabituelle afin d’éprouver leur foi, qu’il leur
fallait prier davantage, accepter les événements et continuer à croire.
Avant de pouvoir leur donner l’absolution d’usage, il fut interrompu
par deux explosions dans le toit de l’église ; des débris tombèrent sur
les fidèles, en tuant quelques-uns, et tout le monde sortit
précipitamment.
Après ça, il y eut moins de croyants, ce qui ne changea pas
grand-chose, et le curé fut remplacé par un prêtre de la secte Rouge
qui avait plus de succès grâce au spectacle des sacrifices en direct. Lors
des grandes cérémonies, tout était retransmis à la télévision : il ne
manquait que l’odeur des animaux égorgés pour l’occasion.
Les averses et les explosions redoublèrent soudain d’intensité. Le sang
des victimes se mêlait au sang de la pluie et de la boue des égouts. La
chaleur augmentait encore ; on se serait cru dans un four, en train de
cuire à petit feu comme un rôti. Par endroits, la boue, avec sa croûte
de sang séché, ressemblait à une coulée de lave en fusion.
Pour parer à la corruption et au manque de place, les habitants
construisirent de nouveaux abris et certains durent abandonner à regret
leur travail habituel. Les
plus riches installèrent des climatiseurs dans leurs blockhaus de luxe,
les autres avaient l’impression d’être en chambre chaude.
Les nettoyeurs étaient débordés, ils n’avaient plus le temps de
s’occuper des rues : les victimes à secourir s’entassaient au milieu
des ruines fumantes.
Le gouvernement commençait à être préoccupé par la
situation mais ne savait que faire. Après maintes hésitations, il
autorisa le régiment présent sur place à investir la ville, afin qu’il
aide les habitants et contrôle les milices qui commençaient à se
former. Ces militaires auraient bien voulu se servir de leurs armes,
mais les explosions étant inexpliquées ; ils ne savaient pas encore sur
qui riposter.
Le gouvernement envoya aussi des journalistes et des scientifiques afin
de couvrir l’événement. Par précaution, les scientifiques avaient
revêtu des combinaisons étanches, car ils avaient peur d’une contagion.
Afin de limiter les risques éventuels de contamination, des forces
spéciales encerclèrent la ville et interdirent tout va-et-vient non
autorisé. Les journalistes avaient été triés sur le volet et relatèrent
les événements comme s’il s’agissait d’une banale expérience
psychologique visant à tester les réactions d’une ville pendant une
guerre moderne. Conformément
à l’article 210-a-12 de leur contrat avec les autorités, ils ne dirent
rien d’autre que ce qu’on leur avait dit de dire.
Les scientifiques, eux, ne comprenaient rien et ne pouvaient rien
faire, mais ils n’arrêtaient pas de fournir des explications
rationnelles et de s’activer follement. Ils parlaient d’hallucinations,
de virus de la folie, de Sida mental, d’extraterrestres vicelards... Ils
faisaient des tas de mesures et notaient scrupuleusement tout ce qui se
passait : nombre de morts, état sanitaire de la population, composition
de la boue qui s’étalait partout, concentration du sang dans l’eau,
nombre d’explosions par heure et par habitant, intensité sonore des
hurlements...
Le prêtre revint à la charge en prétendant cette fois
que c’était plutôt le diable qui leur jouait des tours en leur
fabricant cette sorte d’enfer et qu’il leur fallait prier un bon coup
pour que Dieu chasse ces horreurs. Il fut chassé à coups de pavés
(déchaussés de la voirie par la chaleur et l’humidité ambiante) et
disparut dans les ténèbres des banlieues extérieures .
L’armée fit son travail ; elle s’occupa du maintien de
l’ordre et du secours des sinistrés divers avec l’aide de la police,
des gendarmes, des milices, des pompiers, des employés nettoyeurs et
des nombreux volontaires. Devant l’ampleur du désastre, les gens se serrèrent un peu les coudes, au moins les premiers jours.
Les scientifiques et les journalistes, avec l’aide des militaires et
des polices locales, installèrent des caméras et divers détecteurs à
tous les coins de rue, car ils voulaient être informés de tout. Les
scientifiques n’apprirent rien de plus, mais ce dispositif s’avéra très
utile par la suite aux milices et assimilées.
Le maire démissionna ; il était comme les égouts :
débordé. Il parvenait tant bien que mal à gérer les chômeurs, les
délits ordinaires et les quelques crimes. Mais là, c’était trop ; il
n’était plus assez compétent. Son adjoint, qui voulait de l’avancement
depuis longtemps, s’offrit de le remplacer ; il promit de tout
nettoyer, de remettre de l’ordre afin que chacun puisse vivre comme
avant. Il engagea de nouveaux nettoyeurs. Ils purent enfin évacuer tous
les cadavres en les entassant dans la fosse de la décharge municipale.
Il était temps car, avec la chaleur accablante, les macchabées se
décomposaient très vite ; et les passants étaient gênés par ce
spectacle visuel insupportable. L’odeur ne les incommodait pas trop,
elle était couverte par les autres.
Devant ce charnier insoutenable, les pacifistes locaux
organisèrent une journée de fête avec manifestation le matin, marche
pour la paix l’après- midi et concert pour la réconciliation entre les
peuples le soir. Ils voulaient en cette occasion exprimer leur colère
et dire non à cette guerre absurde, bien qu’ils ne sussent pas encore
s’il existait un agresseur. Il y eut pas mal de badauds attirés par la
foule, le bruit, la barbapapa, les merguez frites et les marchandes de
glaces, mais ils ne firent rien de plus que le début de la
manifestation, car le cortège fut à moitié enseveli par l’effondrement
imprévu d’un immeuble de grand standing.
Les pacifistes, les diplomates, les scientifiques, les militaires...
étant impuissants, les habitants durent s’habituer à cette sorte de
guerre non annoncée et incompréhensible.
Ils se calfeutrèrent dans leurs appartements avec des sacs de sable,
des couvertures, de vieux meubles. Quand ils devaient sortir, ils
couraient pour rester le moins longtemps possible exposés dans les
rues, ce qui leur permettait de faire encore moins attention à leurs
semblables, pareillement pressés. Au
bout d’un moment, cette "guerre" fit partie de leur vie, des risques
normaux qu’on endure en râlant un peu, comparables à ceux que prend un
automobiliste parisien se rendant sur la Côte, un 15 août, par la R.N.
7. Et ils retrouvèrent leurs activités habituelles, en les adaptant aux circonstances.
Néanmoins, quelque chose avait changé dans leur vie :
leurs loisirs. Comme ils avaient peur de mourir prochainement et
subitement, ils voulaient en profiter un maximum, au cas où... Ils se
jetaient donc frénétiquement sur les drogues et les plaisirs, licites
et illicites. Le maire autorisa la réouverture des deux casinos et
laissa se développer la prostitution. Entre les bombes et les
incendies, tout le monde avait le feu aux fesses et le foyer conjugal,
les amant(e)s, la télévision, le sexe virtuel, les revues, le Minitel
ne suffisaient plus. Dans les blockhaus, il se créait des tas de
cercles de jeux souterrains et clandestins ; les marchands d’alcool et
de tabac firent fortune.
Le maire, pour se faire bien voir et se débarrasser de quelques
indésirables, fit arrêter plusieurs personnes qu’il présenta comme
étant des terroristes co-responsables des destructions. Comme
il était encore humain, il les enferma au fond de la prison au lieu de
les offrir à la foule qui s’offrait de les lyncher en public, pour
l’exemple.
Malgré le marché noir et les passeurs qui traversaient
la barrière des forces spéciales (en offrant quelques billets), les
vivres commençaient à manquer ; c’était l’heure des restrictions. On
pouvait voir des apprentis bouchers courir avec une hache après les
porcs échappés de l’usine à viande afin de se constituer une réserve. Des
gamins, apprentis adultes, tiraient à la fronde ou au 22 long-rifle sur
les pigeons et les rats qu’ils revendaient à bon prix aux bouchers
Mais, malgré tous ces efforts, les citadins maigrirent et commençaient
à ressembler à des Africains en état de disette moyenne. Ils
demandaient bien l’aide du gouvernement, mais, avec les lenteurs
administratives et la grève des routiers... Ils espéraient aussi un
secours humanitaire de la part des organisations non-gouvernementales
mais ils n’eurent pas grand-chose parce que :
les donateurs, bien mal informés par les journalistes, croyaient à une simple expérience inhabituelle.
les explosions détruisaient une bonne part des quelques camions envoyés.
les donateurs, peu nombreux, étaient déjà occupés par la Somalie, les
Kurdes, les Yougoslaves, les Roumains, les Ethiopiens, les Ruandais,
les Afghans, les Brésiliens, Argentins, Chiliens, Tchadiens, Boliviens,
Péruviens, Colombiens, Tibétains, Irlandais, Basques... enfin bref par
tous les pays pauvres et (ou) en guerre, sans compter les orphelins,
les femmes battues, les sidéens, les vieux, les chômeurs, les
handicapés physiques et mentaux, le Téléthon, les alcooliques, les
drogués, les prisonniers, les invalides de guerre...
Les plus faibles moururent de faim. La
décharge étant déjà pleine, les nettoyeurs jetèrent les morts dans la
fosse qui sert d’ordinaire à détruire les excédents agricoles. Les cadavres ruisselant de sang s’entassèrent sur les fruits pourris.
Les traits des malheureux citadins se creusaient, ils avaient les yeux
noirs et étaient presque chauves. Ils se ridaient et se desséchaient
sous l’effet de la chaleur et des gaz malsains qui s’échappaient de la
mare de boue dans laquelle ils pataugeaient. A certains endroits, on
aurait dit que les relents d’égout bouillaient. La ville ressemblait à
la fois à un cimetière, à un champ de bataille et de ruines
post-nucléaires, à un égout à ciel ouvert mêlé à de la lave en fusion,
à un abattoir détruit par un ouragan et à un camp de concentration pour
morts-vivants affamés.
N’utilisant pas l’électrocution
pour leurs sacrifices en série, ceux de la secte Rouge portaient des
couteaux miniatures autour du cou, comme d’autres une croix.
Cette mode fut suivie par le reste des habitants, mais avec des
couteaux grandeur nature servant à égorger les animaux qu’ils
rencontraient. A ce stade de la faim, même les animaux domestiques,
ordinairement choyés et (ou) utilisés avec un minimum de douceur,
furent dévorés. Tous y passèrent : chats, chiens, canaris, boas,
poissons rouges... Seules les mygales d’appartement furent épargnées.
Les gamins devenus adultes poursuivaient les survivants dans les
ruelles. Les écolos, bien qu’affamés eux aussi, râlèrent un peu, car
ils préféraient tuer sans violences inutiles.
En fait, ces massacres étaient un peu superflus, car les gens
manquaient surtout d’aliments énergétiques, de sucres, les protéines et
les vitamines nécessaires étant déjà assurées par le sang présent en
grande quantité dans l’eau de pluie et par les stocks de l’usine
chimique.
Les animaux du zoo, du cirque et les taureaux servant aux corridas
furent sacrifiés aussi pour leur viande, et parce qu’il n’y avait plus
grand-chose pour eux.
Après
ça, les gens n’étant toujours pas rassasiés, la situation devint
critique. Il y eut bien quelques parachutages de boîtes de conserve de
boudins blancs vitaminés, revendues très cher au marché noir, mais
c’était insuffisant.
Les gens étaient vraiment désappointés. Pour oublier, ils s’offrirent
davantage d’émotions, d’évasions et ils essayèrent la roulette russe.
Les drogues dures étaient partout. Une vraie mafia apparut, contrôlant
tous les trafics : argent, drogue, sexe, armes, nourriture...
Il y eut une nette augmentation des meurtres, viols et vols en tout
genre ; la mafia exerçait la terreur d’usage et les citadins se
défoulaient en réalisant tout ce qu’ils n’osent pas faire
habituellement. Dans la confusion totale, chacun pouvait réaliser ses
fantasmes et ses vengeances. Personne ne s’en privait.
Peut-être aussi que le sang leur avait monté à la tête à force de boire de l’eau rouge ?
Ce climat pesant faisait que tout le monde avait peur de tout le
monde ; les serruriers et consorts firent fortune à force de rajouter
des barreaux aux fenêtres et des systèmes de sécurité dans tous les
coins.
Le vent de folie touchait tout le monde. Armée, police, gendarmes et
milices n’étaient pas épargnés ; ils usaient avec autorité de leurs
armes pour s’enrichir aux dépens des faibles. Ils luttaient contre la
mafia pour le contrôle du pouvoir, quand ils ne la rejoignaient pas.
Même les scientifiques, malgré leurs combinaisons étanches et leur
nourriture aseptisée étaient "contaminés" et participaient à ce délire
orgiaque, ainsi que les "irréductibles" : ceux qui avaient fait
installer des épurateurs à domiciles. L’eau au sang n’était donc pas le
cause de cette folie collective. Néanmoins, je continuais de boire
l’eau minérale que j’avais en stock.
Même les travailleurs sans histoires quittèrent leurs postes, préférant
le marché noir, plus lucratif. Seuls les adeptes de la secte Rouge
s’interdisaient luxure et luttes de clans. Ils
continuaient rigoureusement les sacrifices animaux avec des cafards,
car il n’y avait plus rien de vivant à la taille au-dessus, à part les
hommes.
Partout, la pagaille régnait. Ni la mafia, ni les forces armées n’avaient réussi à l’emporter et à imposer son ordre propre, et le
chaos social n’était plus loin, car les familles, qui sont pourtant le
pilier granitique entouré de béton armé de la société, partaient en
morceaux, éparpillées entre la luxure, la fosse commune et la lutte
armée.
Une augmentation des dénonciations et arrestations ne suffisait plus à ramener un seul semblant de calme.
Le maire, jugé trop mou par une population avide d’une poigne de fer pour ramener l’ordre d’une main ferme, fut destitué.
La mafia et "les armées" en décomposition se
disputèrent sa place. Mais c’est finalement le grand chef de la secte
Rouge, plébiscité par le peuple pour son sérieux et ses promesses
d’épuration, qui l’emporta. J’appris par la suite qu’il avait conclu un
pacte avec la mafia et "les armées", stipulant qu’il les laissait
libres dans leurs secteurs, à condition qu’elles agissent très
discrètement et qu’il soit intéressé aux recettes de toutes les
activités illicites.
Dans ses discours, il parlait de race pure, de Dieu en colère à causes
de races impures, de restructuration radicale... il fut applaudi par
une foule en liesse, ravie d’élire quelqu’un ayant des solutions à tous
les problèmes et leur promettant : Ordre, Progrès et Bonheur.
Par référence à son habit rouge sang et aux sacrifices animaux, il se fit appeler : le Grand Guide Rouge.
Il commença par sacrifier les personnes arrêtées par le maire précédent
(c’est quand même mieux que les cafards) pour bien montrer sa
détermination. Il installa ensuite des potences à tous les coins de
rue. Pour satisfaire ses "gens" il autorisa la pendaison (après procès
populaire) de tous les présumés terroristes ou autres personnages
dangereux. Les citadins étouffaient de joie et ne se privèrent pas d’exercer leur droit de pendre.
Avant d’aller plus loin et de réaliser la plupart de ses promesses
électorales, il organisa un grand référendum du "oui à une ville pure"
afin d’asseoir son autorité et ses projets. Il avait expliqué que si
Dieu était en colère et leur envoyait ces épreuves inhabituelles,
c’était à cause de catégories sociales ou raciales, sales et impures,
qui l’indisposaient. Il se proposait donc maintenant de les éliminer
purement et simplement. Tout le monde se précipita pour voter oui à ce
référendum, chacun croyant appartenir à la catégorie dite pure.
Je pus voir des vieux en fauteuil roulant, des estropiés, des malades
se traîner dans les flaques de boue sanglante afin d’apporter leur
acceptation volontaire.
En votant oui, les gens espéraient retrouver une ville stable et
rangée, propice à la réalisation de leurs désirs. Ils voulaient
l’ORDRE, car dans un chaos ininterrompu et total, ils n’avaient pas le
temps de jouir de leurs vies de façon vraiment satisfaisante (même
s’ils avaient la compensation de pouvoir faire les choses qu’ils
n’osaient pas faire en temps normal).
Ils l’eurent.
Avant le règne du Grand Guide
Rouge, tout se vendait dans la rue : viande, sang, enfants, organes...
Maintenant tout est organisé, contrôlé, et se déroule dans des locaux
spécialisés.
Dans le cadre de la grande réorganisation, le Grand
Guide Rouge fit sacrifier les fous, les vieux de l’hospice, les
handicapés graves et les sidéens déclarés, car ils demandaient trop de
soins.
Il désigna ensuite les catégories impures : les sous-hommes. Il y eut
d’abord : les clochards (il en restait peu), les drogués, les
homosexuel(le)s, les suicidaires (sauf ceux qui s’engageaient dans les
forces spéciales), les sorcières, les gitans et les séropositifs. Il
désigna aussi tous les opposants à son programme car, disait-il : "ils
s’opposent à la volonté de Dieu qui a placé dans ma main le couteau
purificateur". Pour finir, il s’en prit aux Noirs, Jaunes et Maghrébins
ainsi qu’aux Juifs, Chrétiens et Islamistes (en France, il existe peu
d’adeptes des religions orientales). "La race pure doit être Rouge et
Blanche, et la seule religion officielle acceptable est le culte du
Dieu de la pluie rouge et de son représentant : moi même." A la fin, seuls les ressortissant avérés de la race Rouge et Blanche l’applaudissaient encore à tout rompre.
Toutes ces catégories impures furent d’abord utilisées
pour les travaux pénibles, tandis que les Rouges et Blancs occupaient
tout les postes importants : directeurs, petits guides rouges, gradés,
instituteurs, juges...
Ensuite, les impurs (surtout ceux qui n’étaient pas, ou plus, aptes au
travail) eurent le grand honneur de servir aux prélèvements d’organes
et de sang. "C’est leur âme et leur cerveau qui sont pervertis, mais leur corps peut encore nous servir"
disait le Grand Guide Rouge. Le sang d’impurs servait aux transfusions
(les explosions causaient de nombreux blessés) et fut aussi consommé
comme boisson afin d’augmenter la pigmentation rouge de la peau des
élus purs. "Leur sang est rouge : buvons-le, c’est un cadeau du ciel
pour nous purifier et nous rougifier" vociférait le Grand Guide Rouge.
Les scientifiques étaient ravis d’utiliser enfin leurs compétences pour
les transferts d’organes sur des Rouges et Blancs endommagés.
Une fois les organes et le sang nécessaires prélevés, les impurs encore
vivants étaient achevés par les militaires, ravis d’utiliser en cette
occasion leurs mitrailleuses lourdes. Les adeptes purs et durs de la
secte Rouge auraient préféré égorger chaque impur au couteau mais, vu
le nombre, c’eût été trop long.
Comme la faim sévissait toujours, les Rouges et Blancs mangèrent
quelques inférieurs grillés au feu de bois. Mais une fois l’usine à
viande remise en route, les cadavres d’impurs furent plutôt utilisés
pour engraisser les porcs, après avoir été réduits en bouillie à
l’usine de concassage de gravier, qui n’était plus approvisionnée, et
mélangés avec de l’eau rouge coagulée.
A
ce stade, j’aurais bien voulu me tirer de cet enfer, mais
malheureusement, je voyais avec mes jumelles que les forces spéciales
encerclaient toujours la ville. J’attendais un moment plus propice.
La chasse aux impurs fut de courte durée. Grâce au zèle
de la population Rouge et Blanche et au système de télésurveillance
installé auparavant, ils furent très vite tous repérés. Certains
impurs s’enduisaient de sang ou de peinture rouge afin d’échapper aux
rafles, mais comme tout le monde se connaissait ils étaient vite
dénoncés. Surtout qu’il existait une prime pour chaque capture.
Presque tous les inférieurs (sauf ceux qui avaient réussi par leur zèle
et leur métamorphose physique à s’intégrer aux Rouges et Blancs)
étaient parqués dans la prison, le stade municipal et les camps de
purification ethnique. Seuls les opposants étaient enfermés à l’hôpital
psychiatrique. Les dénonciations arrachées de force étaient donc
devenues inutiles mais les R. et B. continuaient de torturer, par
plaisir pur.
Un volant suffisant d’impurs fut conservé en bonne santé physique pour
les travaux difficiles et la réserve d’organes et de sang frais. le
reste fut massacré par les militaires et les petits guides rouges. Sur
le terrain de football, un remake des jeux de cirque fut organisé afin
de distraire les foules par un reality show unique et peu banal.
Bien que la ville comptât peu d’immigrés de couleur,
après ces épurations massives, il ne restait plus grand monde de
valide, d’autant que les explosions tuaient et mutilaient sans répit.
Pour reconstituer rapidement les stocks humains et développer la race
pure, le G.G.R. mit en place une banque de spermes et d’ovules. En plus
de leur devoir conjugal obligatoire, les R. et B. devaient
périodiquement faire don de leurs gamètes. Cette banque alimentait une
usine automatisée qui produisait des foetus en série dans des cultures
de tissus vivants baignant dans le sang extrait de la pluie. Suivait
une couveuse accélérée qui permettait environ 3000 naissances tous les
4 mois. Ce sont les scientifiques envoyés par le gouvernement qui
installèrent ce complexe de natalité. Il y eut du rebut, surtout au
début, mais l’ensemble fonctionna plutôt bien.
Les bébés devaient être parfaits, bien rouges, sans tares,
génétiquement et physiologiquement sains. De nombreux tests étaient
effectués avant la naissance, et au moindre défaut de fabrication, les
prêtres techniciens ordonnaient l’interruption de grossesse (pour une
femme) ou le retrait des chaînes de croissances (pour les produits de
l’usine à naissances). Tous ces rebuts étaient efficacement recyclés.
Par la suite, les gamètes furent sélectionnés génétiquement et les
ratés diminuèrent. Dès que possible, les bébés étaient nourris au sang et aux légumes rouges afin qu’ils acquissent le bon teint des R. et B..
Ensuite, à l’école du Grand Guide, on leur enseignait tout ce qu’ils
devaient savoir sur la société parfaite où ils s’intégreraient tout
naturellement plus tard, en tant que membres de la race supérieure. Dès
qu’ils étaient en âge de tenir une arme de gros calibre, ils
apprenaient à massacrer les races inférieures durant des stages à
l’armée du Guide Rouge. Parallèlement, ils suivaient constamment des
cours religieux afin de leur expliquer que Dieu était en colère à cause
des races inférieures et qu’ils devaient ramener l’ordre en les
massacrant et en s’imposant en maîtres absolus des épargnés.
Les professeurs d’éducation civique leur apprenaient aussi l’hymne de
la nation Guide dont voici un extrait : "Aux armes, citoyens... qu’un
sang impur abreuve nos sillons..." Les joyeux bambins marchaient au pas
et en chantant, en rangs serrés derrière le drapeau Rouge Blanc Bleu,
le bleu correspondant à la couleur du sang dans les veines, symbole de
la vitalité de la nation. Ils devaient d’ailleurs défiler trois fois
par an (en juillet, mai et novembre) devant le G.G.R. en lui baisant
les pieds. En ces trois occasions ils assistaient aux jeux du cirque
depuis les tribunes d’honneur. C’était mieux qu’à la télé !
J’en avais vraiment assez. Mon stock d’eau minérale
était terminé. J’étais décidé à partir coûte que coûte ; Je comptais
sur mon teint rosé, dû à ma grande consommation de carottes, de
betteraves rouges et de jus de raisin, pour passer inaperçu et me
faufiler hors de cette ville pourrie jusqu’aux fondations.
Cette réorganisation radicale était parvenue à son
but : ce système, soutenu par une armée de fer et par une justice
sommaire mais efficace, avait ramené l’ordre. Le problème, c’est que le
G.G.R. et ses fidèles citoyens n’avaient toujours pas supprimé les
phénomènes anormaux et inexpliqués. Ce n’était pourtant pas si grave,
les R. et B. s’y étant parfaitement habitués, cela faisait partie
intégrante de leur vie. Et puis ils se dirent qu’ils devaient partir à
la conquête de la planète, afin de convertir de force le monde entier
et de satisfaire ainsi leur Dieu.
Il pleuvait maintenant du sang pur, sans eau.
Et le ciel était déchiré par des bruits d’avions de combat ; le sol
tremblait comme si une batterie de missiles thermonucléaires était mise
à feu.
HOURRA ! MIRACLE ! Les forces spéciales n’entouraient plus la ville :
elles étaient parties ! Je pouvais filer. J’avais pris juste un sac
pour faire discret ; j’y bourrais le plus utile et je m’élançais dans
l’escalier. En descendant, je croisais trois miliciens du Guide qui
montaient avec leurs yeux rouges injectés de sang. Arrivé en bas, je
les entendis sonner à mon étage ! La sonnette fut interrompue par une
déflagration qui détruisit tout le haut de l’immeuble. je profitais de
la confusion pour me glisser entre les miliciens de base qui gardaient
la sortie. Je savais qu’ils avaient obligatoirement sonné chez moi car
le voisin d’en face s’était noyé. Je ne suis pas resté pour savoir ce
qu’ils me voulaient ni pour m’inquiéter de l’état de mon appartement.
J’espérais qu’on me croirait mort dans cette explosion et l’incendie
qui suivit.
Lentement, discrètement, je parvins à sortir de la
ville sans encombre. J’étais soulagé de me tirer de là, comment
avais-je pu supporter ces horreurs si longtemps !? De toute façon, si
je les avais dénoncées publiquement, je serais mort à l’heure qu’il
est, ou dans un hôpital avec un rein et deux yeux en moins, attendant
un receveur R. et B. pour mon coeur ;
Comme je m’approchais d’une autre ville, plus petite, je vis qu’elle
était recouverte de fumées noirâtres. Le vent me permit d’entendre des
bruits sourds et affreux et de sentir la même odeur de mort.
Eh oui ! J’eus la stupeur et l’horreur de me rendre compte que la planète entière était "contaminée", à des stades différents.
Tout le monde était converti au culte du Dieu de la pluie rouge.
L’armée du G.G.R. devait être déçue de ne plus avoir de pays à
conquérir, de peuples entiers à massacrer. D’autres R. et B. s’en
étaient déjà chargés.
Je ne savais plus du tout où aller. Je me sentais
complètement perdu, SEUL, en sursis, comme un condamné sous une
guillotine. J’errais dans la campagne, en évitant les villages et les
champs brûlés par cette guerre sans nom et sans visage, par ce monstre
tentaculaire, comparable à l’hydre, avec des têtes Rouges et Blanches
partout.
J’appris par ma mini-radio qu’une des premières villes touchées par les
"phénomènes" était la mienne, et que le gouvernement, effrayé et
désemparé, avait songé à tout détruire avec quelques bombes atomiques.
Le nettoyage aurait été efficace, et depuis Hiroshima et Nagasaki peu
d’essais réels ont été effectués pour tester les nouveaux modèles. Mais
c’était impossible, des tas de cas s’étaient déclarés partout ailleurs
et le gouvernement fut d’ailleurs "contaminé" assez rapidement.
Maintenant, il existe une coordination des G.G.R. avec pour chef : le
Guide Suprême, élu au suffrage universel par l’élite des R. et B..
Il se met en place une fédération mondiale nommée Fédération
Démocratique Pour une Société Pure et Stable (F.D.P.S.P.S.) visant à la
paix entre tous les peuples R. et B. et à leur prospérité. Mais malgré
tout, une
guerre locale s’est déclarée entre frères de sang, car une des parties
trouve l’autre trop claire et cette autre trouve la première trop
foncée. Cette guerre n’a pas duré ; ils se sont réconciliés pour exterminer un groupe terroriste impur qui pose des bombes partout.
Je me demandais ce que j’allais pouvoir faire de ce
manuscrit. Impossible d’utiliser les voies officielles, on le
brûlerait, et moi avec, non sans m’avoir préalablement fait subir un
lavage de cerveau en H.P. (c’est la coutume pour tous les "opposants").
De toute façon, dans n’importe quelle ville, je serais aussitôt repéré,
car j’ai la peau beaucoup moins rouge. En plus, je ne possède pas la
nouvelle carte d’identité estampillée R.B.B. (Rouge Blanc Bleu). Pour
avoir droit à cette carte, il faut avoir entre autres égorgé, devant
témoins sûrs, au moins un exemplaire de la race "impure".
Pour eux j’étais un dissident, un non-intégré volontaire, ils ne me
laisseraient pas survivre. Je ne savais que faire. Soit je m’intégrais
bon gré mal gré, soit des milices me trucideraient un jour ou l’autre.
Le monde entier en était au même stade de folie meurtrière ; aucun
endroit n’était épargné.
J’étais désespéré, angoissé, au bord du suicide.
Alors que je sanglotais de rage impuissante, j’ai pu
entendre à la radio que les phénomènes avaient cessé. Miracle !
Partout, au même instant, tout s’était arrêté subitement.
C’était déjà ça.
Les R. et B. étaient en liesse ; ils pensaient que leur Dieu était
enfin satisfait de leur travail d’épuration acharné et systématique.
Pour le remercier et donner libre cours à leur joie, ils égorgèrent
quelques milliers d’impurs. La Fédération fit de cette journée une fête
mondiale culturelle et religieuse nommée : liesses de sang.
Je me suis dit que ce devait plutôt être le Diable (si tant est qu’il
existe) qui était la source de tous ces phénomènes anormaux et qu’il
les avait stoppés. Il pouvait être satisfait : la planète entière était
un enfer.
Après quelques jours d’orgies purificatrices, les gens se calmèrent. Après quelques mois, ils étaient devenus plus tolérants. Ils ne massacraient et exploitaient les impurs qu’en cas de besoin.
J’avais miraculeusement échappé aux milices. Dans un
coin désert, au fin fond de la campagne, j’ai rencontré un jour des
non-intégrés volontaires qui n’avaient besoin d’aucun guide pour savoir
ce qu’ils avaient à faire. Je fus accepté dans cette communauté qui
était d’accord pour publier mon texte, avec le peu de moyens que la
fédération lui laissait. Je me sentais revivre. Cette communauté
s’était faite discrète durant les sommets du vent de folie, et avait pu
survivre ; à présent, elle est à peu près tolérée, mais doit subir des
persécutions sournoises.
Voilà, mon récit s’achève. Tout est rentré dans
l’ordre. Les R. et B. se sont calmés et les phénomènes inexpliqués ont
cessé : pluie de sang, grêle de chair congelée, odeurs de cadavres, de
cochon grillé et de produits chimiques périmés, explosions diverses,
bruits de guerre, cris de torturés et d’animaux égorgés, chaleur de
four crématoire...
Tout est terminé. Les égouts ont retrouvé leur niveau normal et les
rues commencent à sécher. Les balayeurs municipaux nettoient quelques
flaques noirâtres.
A présent, tout est à peu près calme dans la Fédération
Démocratique Pour une Société Pure et Stable et les survivants peuvent
continuer de vivre... comme avant.
Ainsi, le Nouvel Ordre Mondial est une "américanisation" du monde et une
véritable transition de l'humanité. Vers la mondialisation et sa
déréglementation économique, social, psychologique, culturelle... Dans ce chaos,
les États-Unis serait la «Nouvelle Atlantide»... Ancrée dans une utopie, qu'on
pourrait résumer par la phrase: «e pluribus unum»: de la multitude des nations
l'Unité.
Le Nouvel Ordre Mondial est une organisation pyramidale très ancienne.
Cette organisation est très liée à la philosophie raciste du Nazisme. L' idée de
réduction massive de la population par la guerre, la famine, la maladie, le Sida
(une arme biogénétique)... mais aussi avec l'Eugénisme, la Stérilisation,
l'Euthanasie de patients avec des troubles mentaux... jadis pratiquer par des
psychiatres comme Kallman, Mengele... de l'institut Rockefeller-Rudin durant la
deuxième guerre mondiale. Loin d'être clos, de nos jours, au niveau de la
science génétique, des grands laboratoires demandent actuellement un
assouplissement « des règles éthiques »... En plus de ce lien avec le Nazisme,
le Nouvel Ordre Mondial tenterait de réaliser certaines prophéties bibliques:
une langue unique relative à la tour de Babel, l'antéchrist, la marque de la
bête, Babylone... pour dominer le monde. Mais aussi pour l'avènement d'une
fausse « religion », de type astro-théologique, mais qui serait en réalité une
idéologie sataniste. Celle-ci, additionnée à un gouvernement mondial, une loi
mondiale, une justice mondiale, une éducation mondiale, une police mondiale...
De même, cette configuration aurait pour but de détruire toutes formes de
spiritualité et d'unité, dont l'Islam pourrait être le symbole... Ainsi, le
Nouvel Ordre Mondial est une " américanisation " du monde et une véritable
transition de l'humanité. Vers la mondialisation et sa déréglementation
économique, social, psychologique, culturelle... Dans ce chaos, les États-Unis
serait la « Nouvelle Atlantide »... Ancrée dans une utopie, qu'on pourrait
résumer par la phrase: « e pluribus unum »: de la multitude des nations l'Unité.
En fait, ce système serait le résultat d'un « Conflit Dialectique » qui oppose
la « thèse » (le capitalisme des Etats-Unis) et « l'antithèse » (le communisme)
qui s'additionnent aujourd'hui pour donner la « Synthèse » (le Nouvel Ordre
Mondial). Détournant notre regard de la réalité avec une multitude de masques,
de couvertures différentes qui cachent le même visage, en réalité, nous serions
en face d'une multitude de conspiration. Ou des personnes, une minorité, des
entités, une élite, des groupes occultes manipulés (par quelque chose qui nous
dépassent tous) ou non: illuminati, franc-maçon, druide... complotent « quelque
chose » en secret. Cela, en faveur du Nouvel Ordre Mondial, dont-ils seraient
les planificateurs. On les assimilent souvent à un syndicat du crime, une
association de banquiers qui aurait planifié l'histoire du monde: Révolution,
guerre mondiale, chute du mur de Berlin, crise... Ceux là, se revendiqueraient
même comme des « Rois » ou des « demi-dieux »... On incrimine aussi les services
secrets (CIA...), les multinationales, les lobbies militaires, industriels... En
outre, depuis 1833, des familles aristocratiques contrôlent belle et bien la
Terre: Rockefeller (Standard Oil corp aujourd'hui Exxon), Harriman (chemin de
fer), Weyerhaeuser, Sloane, Pillsbury, Davison, Payne, Gilman, Taft, Stimsom,
Perkins, Whitney, Bundy, Lord, Heinz, Bush... Dans les cerveaux du Nouvel Ordre
Mondial, on trouvent: le CFR, la Fondation Ditchley, le groupe Bilderberg, le
Skull & Bones, le Bohemian Club, le Vatican et l'ordre des Jésuites, le
PNAC, la commission trilatérale, l'ONU et son bras armé l'OTAN: le gouvernement
mondial mit en place par la Fondation Rockefeller. Tous ces groupes détiennent
la presse, l'information, l'éducation, les banques, le pétrole, les armes de
destruction massive... Ainsi, la politique actuelle ne serait que mensonge et
démagogie. Avec des médias qui minimisent quotidiennement la vrai cause des
conflits en parlant de guerre ethnique, religieuse, révolution... Dans cette
illusion optique, ceux qui contestent les vérités officielles sont considérés
comme des conspirationnistes, des anti-américains , des anti-sémites... Par
rapport au Vatican et l'ordre des Jésuites: fondé en 1541 par Ignace de Loyola,
on leur doit « l'Inquisition »: responsable de meurtre, torture, guerre,
génocide... de millions d'innocents pour hérésie. Cela ferait peut être des
Jésuites, les véritables « contrôleurs spirituels » du NOM, en accord avec un
prochain conflit mondial entre l'Amérique, le Moyen-Orient et Israël, en
hypothèse... Au sujet du groupe Bilderberg, depuis 1954, une réunion secrète est
tenue chaque année avec environ 200 personnes du monde entier, l'élite du
système financier, économie, industrie, politique, média, scientifique,
universitaire... Aucune information (sujet abordé...) n'est donné au public.
Cela, toujours une semaine avant la réunion du G8. Ou est la démocratie ?
Dans le monde, le NOM ( Nouvel Ordre Mondial) contrôlerait la planète et
les nations avec l'argent (devise, émission de monnaie...) avec les banques
privées, conduisant à la privation des biens des personnes par l'inflation et la
déflation. Ainsi, le NOM planifie: un déséquilibre, une rareté, une violence,
une gratuité brisée... de manière structurelle (organisée) alors que nous vivons
sur une planète d'abondance ou le bonheur commun est théoriquement possible.
Malgré cela, les ressources (minerai, hydrocarbure, gaz...), les richesses, les
hommes (centraliser en ville)... sont désormais captées pour des intèrets
privées. On le voit au niveau géopolitique avec la mainmise des
approvisionnement en pétrole (mer caspienne...) des Etats-Unis. Toujours sur ce
NOM, citons ses principaux piliers: le travail, le néo-libéralisme, l'argent,
l'armée, le matérialisme, l'ultra-sécurité... Sur le point de la sécurité, il
s'agit d'instaurer une « loi martiale » sur toute la planète (surveillance,
flicage...). Dans le livre 1984 de George Orwell, l'auteur évoque la menace et
l'illusion d'une guerre sans fin (guerre contre le terrorisme), afin de
justifier un contrôle social en augmentation, ainsi qu'une répression de l'état.
Dans cette logique de contrôle, il y a aussi la NSA et ses sattelites (Mercury,
Mentor, Trompet), qui interceptent et filtrent les communications
radioélectriques (radio, télévision, téléphone mobile, micro-onde...). Celle-ci
est même spécialisée en informatique et en cryptologie... avec des ordinateurs
dotés d'Intelligence Artificielle, des satellites espions, des systèmes d'écoute
planétaire, le réseau Echelon... Et bientôt, les puces électroniques (microchip)
connectées à un super ordinateur. Encore dans cette idée de pénalisation social,
à l'inverse, une dépénalisation économique se profile, et profitera beaucoup à
l'élite. Au niveau international, un système sophistiqué de pillage a forcé plus
de 90 pays à accepter des programmes d'« ajustement structurel » (des prêts du
FMI) depuis les années 1980, ayant la conséquence d'élargir la différence entre
riches et pauvres. De plus, le « carré » dominant de l'OMC (les Etats-Unis,
l'Europe, le Canada et le Japon), et le triumvirat américain (La Banque
Mondiale, le FMI et le Trésor U.S.) prennent en otage les pays en voie de
développement. Car ceux là, ont une dette irremboursable qui les forcent à payer
des millions aux occidentaux chaque jour. Le résultat, c'est qu'une élite
contrôle 80% de la richesse mondiale. Pour finir, la clé de la démocratie serait
dans le contrôle de la monnaie (l'argent) par la population, pas par une élite,
car dans ce cas, nous serions tous des esclaves. Ensuite, que soutien le NOM? Eh
bien, celui-ci exerce un soutien stratégique à Israël et au sionisme, à
l'athéisme, aux religions dérivées du Christianisme, aux multinationales, aux
thèses officielles du 11 Septembre 2001, au nucléaire, aux organismes officiels
(Associations subventionnées), aux riches et aux puissants, à la police et aux
services secrets, à la télévision, à la presse et aux grands médias, à la
concurrence et à la sélection, à l'industrie pétrochimique et pharmaceutique,
aux OGM et aux Biotechnologies, à l'individualisme, au sport professionnel, à la
force et à l'action, au droit d'ingérence (humanitaire), aux lois
anti-terroristes. En dernier lieu, on peut maintenant aborder les symboles les
plus marquant de cette nouvelle vision du monde qu'est le NOM, on trouvent: la
chouette du Bohemian Club, l'œil : tiré de la mythologie égyptienne qui
représenterait l'œil d'Horus, qui serait celui de Lucifer, décrit parfois comme
un œil reptilien de Satan. Mais aussi comme l'œil du Dajjal « l'antéchrist »
selon les Hadith. Il y a aussi la pyramide (à la pointe l'élite illuminée et la
base fait de brique identique, le peuple), le triangle équilatéral, le chiffre
3, le 666, l'aigle américain (qui serait en réalité le phénix qui renaît
toujours de ces cendres). Il ne faut pas sous estimer la puissance des symboles
(film, TV...), car ils peuvent agir comme un véritable « coup d'état » dans
l'inconscient humain...
Sources :
alterinfo "http://www.alterinfo.net/"
LES ORGANISATIONS DES "Maitres du Monde":
Les Illuminati sont une “élite dans
l’élite”. C’est la plus ancienne et la plus secrète des organisations des
“Maîtres du Monde”. La plupart de ces organisations ont un siège social et des
membres dont on connaît l’identité. Mais les membres des Illuminati ne sont pas
connus de manière certaine, même si certains noms circulent avec insistance. Il
s’agit de grandes familles capitalistes ou issues de la noblesse, comme par
exemple les Rothschild, les Harriman, les Russel, les Dupont, les Windsor, ou
les Rockefeller (notamment l’incontournable David Rockefeller, également
co-fondateur du Groupe de Bilderberg et du CFR).
Les Illuminati existent sous leur forme
actuelle depuis 1776, date de fondation de l’Ordre des Illuminati en Bavière par
Adam Weishaupt, un ancien Jésuite. A cette époque, leur projet était de changer
radicalement le monde, en anéantissant le pouvoir des régimes monarchiques qui,
à cette époque, entravaient le progrès de la société et des idées. La Révolution
Française et la fondation des Etats-Unis auraient été des résultats de leur
stratégie. Pour les Illuminati, la démocratie politique était un moyen et non
une fin en soi. Selon eux, le peuple est par nature ignorant, stupide, et
potentiellement violent. Le monde doit donc être gouverné par une élite
éclairée.
Ses objectifs: monnaie unique, gouvernement
unique mondial qui contrôlera tout (Ils éliminent tout ce qui l'empêche d'
atteindre ses buts sataniques et ses intérêts égoïstes)
illuminati, Francs-Macons, Sociétés Secrètes (SS), Skull and Bones, Les
Maitres du Monde, occultisme satanisme, Nouvel Ordre Mondial, conspiration,
complot, CIA, esoterisme
Reportage diffusé par un média marchand. A regarder avec prudence, beaucoup
de vérités, mais aussi quelques fondamentaux ésotériques volontairement
occultés...
Les illuminatis:
Les Illuminatis sont une
société secrète luciférienne. Ils sont Juifs, chrétiens, francs-maçons mais
reconvertis à leur religion. Ils contrôlent le gouvernement US depuis sa
création et le "great seal" avec d'autres familles secrètes. Ils croient au
diable, le diable c'est Georges Washington, le fondateur des USA, sa statue
ayant la même posture que le diable. Les Illuminatis n'ont aucune pitié et ne
respecte en aucun cas la dignité humaine ni le peuple américain. Le WTC, un
attentat ? Un bé-né-fice...
Voici
le symbole principal des Illuminatis, il se trouve au dos du billet de 1$, il
s'agit d'une pyramide dont le sommet au 33ème degré de la pyramide (l'élite) est
détaché du reste (le peuple) avec un oeil illuminé (le savoir, illumination) il
domine le bas de la structure (le peuple "ignorant" et aveugle).
Les
écritures en latin disent :
ANUIT COEPTIS = nous triompherons NOVUS
ORDO SECLORUM = nouvel ordre séculaire = nouvel ordre mondial.
En bas de
la pyramide se trouvent les chiffres romains "MDCCLXXVI", ce qui signifie
"1776". Cette année symbolise :
- Création du ” Grand Sceau ” des
Etats-Unis. - Année de fondation de la secte des Illuminati, le 1er Mai. -
Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis le 4 juillet suivant.
13
étoiles se trouvent au dessus de l'aigle (au dos du billet) La propagande
nous raconte que ce chiffre 13 représente les 13 états qui constituaient alors
le début des Etats-Unis d’Amérique: New-York, New Hampshire, Connecticut,
Maryland, Rhode Island, Pennsylvannie, Massachussets, New Jersey, Virginie,
Caroline du Nord, Caroline du Sud, Delaware, Géorgie. Mais ce n’est que la
version officielle que l’on apprend aux enfants aux USA.
Le
prolongement de la pyramide donne une étoile de David. Si on reproduit l'étoile
de David sur le côté du billet où se trouve la pyramide, on constate que chaque
côtés de l’étoile (qui est la marque hindou de Vishnou) pointent une lettre
: A S N O M = M A S O N = Franc-Maçon (en anglais), ce qui est une preuve de
l’implication des maçons. On les appelle les francs-maçons, en rapport avec la
construction du temple de Salomon, qui est la base dans la franc-maçonnerie. Ils
sont aussi les maçons pour être les grands bâtisseurs de cathédrales, toutes les
cathédrales ont été construites par les ancêtres des francs-maçons, qui sont en
fait les chevaliers du temple de Salomon, l’ordre des templiers.
"MDCCLXXVI"=1776
mais en enlevant le "M" ainsi que toute les lettres en double (C et X) on
obtient "DCLXVI"=666, il s'agit du nombre de la "bête", "devil" le
diable
Vous voulez un monde meilleur ? Achetez un drapeau américain,
affichez en le reversant à l'envers. Ca les énerve au plus au point.
Bigfoot: Ici chuck norris n est qu un acteur du film, sa photo nous rappelle la présence de l ange de l Apocalypse10: 5, 6. Avec sa main droite levée vers le ciel et notre petit rouleau.